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COMMENT GERER UN DEPART DANS SON EQUIPE ?

  • Photo du rédacteur: Emma Sanchez
    Emma Sanchez
  • 11 juin
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 juin



Un collaborateur vient de poser sa démission ?

Ce moment, que tout manager finit par traverser, provoque souvent un mélange de surprise et de déception. Pourtant, le départ d'un membre de l'équipe est une occasion de renforcer la cohésion d'équipe et d'affiner son organisation. En effet, si l'onboarding est vu comme important, l'offboarding est souvent oublié alors qu'il doit être tout aussi soigné !


Voici une approche structurée et humaine pour transformer ce moment délicat en une transition sereine et constructive.



Sommaire






1. Accueillir la nouvelle et désamorcer l'aspect émotionnel


La première réaction du manager donne le ton pour toute la période de fin de contrat. Face à l'annonce d’un départ, il est crucial de ne pas réagir à chaud ni de le prendre personnellement. Se précipiter pour proposer une contre-offre salariale à tout prix, chercher un remplaçant en urgence, ou au contraire se refermer et couper court à l'échange ne sont pas des attitudes les plus efficaces.



L’écoute active 


Prenez le temps de comprendre la décision de votre collaborateur lors d’un échange en tête-à-tête. Au-delà des motifs de surface, une meilleure offre, un poste plus senior ailleurs, il existe souvent des raisons plus profondes : une envie de changement de cadre, un besoin de nouvelles méthodes de travail, un sentiment de ne pas être suffisamment écouté ou valorisé.



La bienveillance


Cette discussion ne doit pas viser à tout prix à le faire changer d'avis. Elle doit permettre au manager d'identifier si des problèmes existent au sein de l'équipe ou de l'organisation, des problèmes qui, s'ils ne sont pas adressés, risquent de provoquer d'autres départs.

Retenir un talent uniquement par une augmentation salariale, sans répondre à ses besoins réels, n'est généralement qu'une solution temporaire. Si ses attentes profondes ne sont pas prises en compte, la motivation continuera de s'éroder et le départ finira simplement par être reporté.






2. Communiquer rapidement et avec transparence


Le silence nourrit les rumeurs et l'anxiété au sein d'un collectif. Une fois les modalités administratives réglées (date officielle de sortie, durée du préavis), il est impératif d’organiser la communication interne.



Annoncer la nouvelle de vive voix 


Réunissez votre équipe proche pour formuler l'annonce. Expliquez la situation avec transparence. Il vaut mieux prendre les devants : annoncer le départ officiellement, en donnant le contexte si cela est possible, et en répondant aux questions légitimes que se posent les membres de l'équipe tout en respectant la confidentialité des motifs si le collaborateur le souhaite. Qui va reprendre les missions ? Comment la période de transition va-t-elle s'organiser ? Ces questions méritent des réponses claires, même si elles sont encore partielles.



Rassurer sur l'avenir 


Le reste de l'équipe va immédiatement s'interroger sur la répartition de la charge de travail. Présentez rapidement un plan d'action : ouverture d'un recrutement, réorganisation temporaire ou redéfinition des priorités. L’objectif est d'éviter que le départ ne crée un sentiment de surcharge ou de panique sur les projets en cours.


Il ne faut pas non plus négliger l'impact émotionnel sur les collègues directs. Un talent qui quitte l'équipe peut susciter des doutes : "Est-ce que quelque chose ne va pas dans notre équipe ?" Ces craintes doivent être entendues et désamorcées.






3. Planifier une passation de pouvoir rigoureuse


La passation est le pilier d’un offboarding réussi. Pour éviter la perte de compétences, de données et de connaissances, le manager doit s’assurer du bon déroulement de celle-ci : 



Le guide de transition 


Demandez au collaborateur d’écrire l’ensemble de ses tâches quotidiennes, ses contacts clés, et l’état d'avancement de ses dossiers. L’idée est de recenser tout son capital pour continuer à l’exploiter et éviter au salarié qui va le remplacer de tout reprendre à zéro.



Le transfert de compétences 


Si le remplaçant arrive avant le départ, organisez des sessions d’observation et d’explication pour qu’il ait en tête une idée précise de ses futures tâches et puisse poser ses questions.

Si ce n'est pas le cas, définissez des objectifs de passation clairs avec ses collègues pour chaque semaine du préavis afin de maintenir le collaborateur engagé jusqu'au bout.


Négliger cette étape, c'est prendre le risque de dégrader la performance de l'équipe pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.






4. Réaliser l’entretien de départ 


Dans un cadre bienveillant et sans enjeu, le collaborateur sortant est souvent plus disposé à livrer un retour d’expérience honnête : sur le management, sur l'organisation, sur les outils, sur ce qui lui a manqué ou sur ce qui aurait pu le faire rester.


Mené par le manager ou par un membre des Ressources Humaines, cet entretien doit viser l’amélioration de l’entreprise. Pour cela, interrogez-le sur la réalité de son quotidien, les points forts et faibles de la culture d’entreprise, ... Ces retours d'expérience précieux, à condition de les tenir réellement en compte, permettent de faire des ajustements pour le futur recrutement et de corriger d'éventuels dysfonctionnements internes.


Ce retour peut aussi être l'occasion de questionner les membres de l'équipe restante : certains ont peut-être des requêtes non exprimées qui pourraient faire avancer l’entreprise. Un départ bien géré devient ainsi un moteur de développement interne.





5. Soigner les aspects logistiques


Un offboarding rigoureux implique une collaboration étroite avec les services RH et informatiques pour clore le dossier proprement.


La récupération du matériel


Planifiez la restitution des équipements de l'entreprise (ordinateur, téléphone professionnel, badge d'accès, clés, véhicule de fonction).



La gestion des accès


Veillez à la désactivation systématique des accès aux logiciels, serveurs et boîtes de réception au jour J pour des raisons évidentes de sécurité des données.



L’administratif


Assurez-vous que tous les documents obligatoires (certificat de travail, reçu pour solde de tout compte, attestation France Travail) soient prêts à être remis au salarié le jour de son départ.






6. Célébrer le départ et cultiver le réseau


Le dernier jour doit laisser une impression positive durable. C'est l'occasion de valoriser le travail accompli.


Le rituel de sortie


Organisez un moment de convivialité (un pot de départ, un déjeuner d'équipe ou une collecte pour un cadeau). Remercier chaleureusement le collaborateur pour sa contribution renforce la culture d'entreprise aux yeux de ceux qui restent.



Le mail de départ


Donner la possibilité au collaborateur de rédiger un mail de départ est une opportunité souvent bien reçue par celui-ci. Ces mails sont souvent bien tournés et remercient l'ensemble des collègues et managers ce qui permet au collaborateur et à l'entreprise de terminer leur contrat sur une note positive non négligeable.



La politique des portes ouvertes


Ne coupez pas les ponts, garder un contact simple et sincère avec d'anciens collaborateurs talentueux, un message occasionnel, un suivi de leur parcours sur LinkedIn, est une pratique à la fois humaine et stratégiquement pertinente pour construire un réseau de talents à long terme. Le monde professionnel est petit, et un ancien employé satisfait devient le meilleur ambassadeur de votre marque employeur à l'extérieur. Il peut vous recommander des profils, redevenir un partenaire business ou même, quelques années plus tard, réintégrer l’entreprise avec de nouvelles compétences.






Gérer un départ ne se limite pas à signer un solde de tout compte. C'est un processus managérial qui demande de l'organisation, de la clarté et une grande part d'empathie. Traiter un collaborateur qui part avec le même respect que lorsqu'il est arrivé est la marque des grandes cultures managériales. Les managers qui y parviennent envoient un signal fort : ici, on grandit, on part en bons termes, et on peut même revenir. C'est l'une des marques les plus concrètes d'une culture d'entreprise solide.


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