TRAVAILLER SES "SOFT SKILLS" : CONCRETEMENT, ÇA VEUT DIRE QUOI ?
- Emma Sanchez

- 23 juin
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 juin
On les voit partout. Dans les offres d’emploi, les articles de management ou les bilans de compétences : les soft skills (ou compétences comportementales) sont très recherchés dans le monde du travail.
Mais derrière ce mot, que se cache-t-il vraiment ?
Si tout le monde s'accorde à dire qu'ils sont indispensables pour se démarquer face à des recruteurs ou pour manager une équipe, une question demeure : comment travaille-t-on concrètement des compétences qui touchent à notre personnalité et à notre manière d’être ?
Dans cet article, l’équipe Will vous explique ce que ces compétences représentent et comment vous en emparer !
Sommaire
1. Sortir du flou : de quoi parle-t-on exactement ?
Pour comprendre comment les travailler, il faut d’abord savoir ce que c'est. Contrairement aux hard skills, les soft skills englobent notre savoir-être et nos compétences relationnelles.
Ils se divisent généralement en trois grandes familles :
Les compétences cognitives et organisationnelles
Esprit critique, résolution de problèmes complexes, créativité, autonomie, rigueur, gestion du temps : ces compétences sont fondamentales dans un monde où le télétravail et les modes de travail hybrides ont profondément redistribué les responsabilités individuelles.
Les compétences émotionnelles et comportementales
L'intelligence émotionnelle, la résilience, la gestion du stress, l'adaptabilité.
Ces compétences sont moins visibles mais tout aussi déterminantes. Elles décident de la façon dont quelqu'un réagit face à un imprévu, dont il gère une critique, dont il se remet d'un échec.
Les compétences relationnelles
L'empathie, l'écoute active, la communication, le leadership. Ce sont les plus visibles en entretien et les plus décisives dans le travail quotidien.
Un candidat qui sait reformuler, qui laisse de la place à l'autre dans un échange, qui adapte son niveau de langage selon son interlocuteur est quelqu'un qui a travaillé (consciemment ou non) sa communication.
Ce sont des compétences transversales. Cela signifie qu'elles ne sont pas rattachées à un métier précis : que vous soyez ingénieur, infirmier, commercial ou freelance, votre capacité à bien communiquer ou à gérer votre temps sera toujours un atout.
2. Pourquoi les soft skills ont-ils autant d'importance ?
Il y a encore quelques années, un bon CV se résumait à des diplômes solides et une liste d'expériences bien remplie. Ces éléments restent importants mais ne suffisent plus à départager des candidats qui, sur le papier, peuvent parfois beaucoup se ressembler.
À compétences techniques égales, ce sont désormais les qualités humaines, comportementales et relationnelles qui font pencher la balance.
Les chiffres le confirment : selon une étude LinkedIn, les profils qui détiennent des soft skills en plus des compétences techniques sont promus 8 % plus vite que leurs pairs qui ne détiennent que des hard skills.
Preuve s'il en est que cultiver son savoir-être n'est plus une option, mais un véritable accélérateur de carrière.
Plusieurs facteurs expliquent ce changement de paradigme sur le marché du travail :
L'obsolescence rapide des compétences techniques (hard skills)
Avec l'évolution technologique et l'arrivée de l'intelligence artificielle, les savoir-faire techniques sont en changement constant. Ce qu'un collaborateur sait faire aujourd'hui devra être réappris demain.
En revanche, la capacité à apprendre, la curiosité et l'agilité intellectuelle restent des acquis permanents.
Le coût d'un mauvais recrutement
Embaucher un profil qui n’arrive pas à s'intégrer dans une équipe peut nuire au climat social d'une entreprise. Certains recruteurs préfèrent donc miser sur un candidat dont le savoir-être est en parfaite adéquation avec la culture de l'organisation, quitte à le former sur la technique.
L'avènement du travail hybride et collaboratif
Le management moderne repose sur l'autonomie, l'intelligence collective et le travail à distance. Pour qu'une organisation fonctionne, la confiance et l'intelligence émotionnelle sont indispensables.
Dans ce contexte, il ne faut plus seulement savoir faire quelque chose : il faut savoir le faire avec les autres, s'adapter quand les circonstances changent, communiquer clairement et savoir résoudre des problèmes complexes en équipe. Les recruteurs recherchent des personnalités capables d'empathie, de résilience et de leadership, des compétences qu'aucun robot ne peut (pour l'instant) répliquer.
3. Le piège de "l'implantation" : pourquoi on ne peut pas les apprendre comme le reste
Ces compétences ne sont pas figées. Elles s'acquièrent, se renforcent, parfois se perdent. C'est précisément là que réside le cœur du sujet.
Cependant, on n'apprend pas l'empathie ou l’adaptabilité comme on apprend les règles de la comptabilité.
Beaucoup d'entreprises essaient d'inculquer les soft skills par des formations théoriques express, ce qui n’est pas toujours la meilleure méthode.
Travailler ses soft skills, ce n'est pas jouer un rôle ou formater son comportement. C’est un travail d'incarnation. Il ne s'agit pas d'apprendre des théories sur l'écoute active, mais de comprendre pourquoi on a du mal à écouter l'autre sans lui couper la parole, et de s'exercer à changer cette dynamique.
C'est une démarche qui demande du temps, de l'expérimentation et, surtout, une bonne dose d'honnêteté intellectuelle et de réflexion sur soi.
Posez-vous ces questions :
Dans quelles situations professionnelles ai-je été particulièrement à l'aise ? Pourquoi ?
Quels moments ont été difficiles, et qu'est-ce que j'aurais pu faire différemment ?
Qu’est-ce que mes collègues ou managers ont apprécié chez moi ?
À l'inverse, ce qu'on m'a parfois reproché ?
Ce travail d'introspection complété par un regard extérieur (proche, collègue, manager,...) vous permet d’avoir une image réaliste de ses forces et de ses marges de progression.
4. Concrètement, comment faire ?
Puisqu'il n'existe pas de manuel scolaire pour devenir “plus créatif “ ou “meilleur communicant”, voici la feuille de route pratique pour développer ces compétences au quotidien.
Choisir une seule bataille
Après avoir fait votre auto-évaluation, vous pouvez être plein d’entrain à l’idée de développer de nouvelles compétences. Cependant, vouloir devenir simultanément un leader inspirant, un as de l'organisation et un modèle d'empathie est le meilleur moyen d'échouer. Choisissez une seule compétence à travailler sur une période donnée (par exemple, le prochain trimestre).
Le passage à l'action
Les soft skills ne s'apprennent pas dans les livres, ils se développent dans l'action. Pour autant, acquérir ces compétences ne se fait pas en un jour : cela demande de la régularité et une démarche progressive.
Si vous souhaitez améliorer votre communication, commencez par prendre progressivement davantage la parole en réunion. Les premières interventions vous coûteront de nombreux efforts mais à force de répéter l'exercice, l'aisance s'installera et fera naître l'envie de recommencer. De même, si vous voulez travailler votre leadership, n'attendez pas le projet du siècle : proposez-vous d'abord pour coordonner une mission courte ou animer un point d'équipe.
L'idée n'est pas d'attendre la situation idéale, mais de créer volontairement des occasions de pratiquer à votre échelle. Ce sont ces cercles vertueux qui vont vous faire acquérir inconsciemment ces nouvelles soft skills.
5. Comment en parler en entretien ?
C'est là que tout se joue. Même en ayant travaillé vos soft skills en profondeur, si vous n'arrivez pas à les illustrer en entretien, ils resteront invisibles.
La règle d'or : ne jamais affirmer, toujours démontrer. Racontez une situation précise et concrète où votre organisation a fait la différence: une deadline serrée, une mission menée en parallèle d'une autre, un moment où un imprévu a bousculé votre planning et la façon dont vous l'avez géré.
C'est exactement ce que permet la méthode STAR (Situation, Tâche, Action, Résultat): elle vous force à ancrer vos qualités dans du réel, ce qui est infiniment plus convaincant qu'une liste d'adjectifs.
Pour en savoir plus sur cette méthode, cliquez ici
Une autre chose essentielle : votre comportement en entretien est lui-même une démonstration.
Vous dites faire preuve d'écoute active ? Alors reformulez les questions, ne coupez pas la parole, prenez le temps de réfléchir avant de répondre.
Vous mettez en avant votre adaptabilité ? Montrez-vous à l'aise face à une question imprévue.
L'entretien n'est pas qu'un exercice de communication, c'est aussi un terrain d'observation mutuelle.
À l'heure où l'intelligence artificielle automatise de plus en plus de tâches techniques, c'est notre part d'humanité qui nous rendra durablement employables et uniques.
Travailler ses soft skills est un cheminement continu puissant pour transformer non seulement votre carrière, mais aussi vos relations aux autres.
Alors, par quelle petite habitude allez-vous commencer aujourd'hui ?
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